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Publié le 8 Février 2009

Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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Publié le 8 Février 2009

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Publié le 8 Février 2009

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Publié le 6 Février 2009

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Publié le 29 Août 2008

Je voudrais m’adresser aujourd’hui à vous qui êtes confronté à l’absurdité de la souffrance et au mystère de la mort avec un regard de technicien. Si je me permets cette audace, c’est parce que nous croyons, vous médecin et moi malade, à un Dieu créateur de toute vie et source et fin de tout bien. Il nous arrive de nous taire devant ce qui nous dépasse et, avant d’être dominé par la révolte ou la peur, de nous mettre à genoux. Ayant rarement l’occasion d’un échange spirituel quand je croise un de vos confrères à l’hôpital ou en ville, je me présente à vous.

J’ai, au cours de mon adolescence, abusé d’une liberté sans règle à me consumer en consommant du plaisir dans une quête désespérée. J’y ai contracté le sida, à l’époque ou le corps médical était abasourdi par cette épidémie aussi meurtrière qu’inédite. Depuis, heureusement, vous avez trouvé des traitements efficaces grâce auxquels, en partie du moins, je peux vous écrire aujourd’hui.

Pourtant un malaise semble s’installer quand on rappelle que cette infection, liée à des pratiques désordonnées, est tout à fait évitable par un changement de comportement.

La seule morale acceptable serait-elle de limiter les risques et d’accepter passivement de subir par résignation fataliste une sexualité désordonnée?

Une mentalité contraceptive et abortive a trompé nos contemporains, contribuant à aggraver leur solitude affective avant de les laisser assumer seuls les mauvais conseils de ceux qui enfermaient l’amour dans leur peur de la vie.  

N’y a-t-il pas là une confusion du rôle du médecin qui est de protéger et soigner, pas de dire le bien et le mal? Surtout quand on ne peut ni pardonner ni réparer les conséquences.

Je fais partie des personnes qui ont enfin compris, après bien des échecs, que l’amour avait bien trop d’importance pour le réduire à un jeu dangereux. J’ai donc, ignorant encore mon infection, évité de propager la mort. Des amitiés féminines m’ont appris la confiance et le respect.

Car la chasteté, ça tient la route. C’est même le chemin d’une authentique liberté de pouvoir choisir d’aimer en confiance au lieu de subir sa nature en se résignant à jouir dans la peur.

Pourquoi alors imposer à tous un discours dévalorisant, réducteur et mensonger ? Vous savez bien qu’aucune garantie sérieuse ne peut exister quand la confiance a disparu?

Pourquoi réduire les personnes qui s’adressent à vous à leurs échecs plutôt que de leur donner les moyens de se dépasser et d’en sortir?

J’ai une petite idée à ce sujet. Je vous la livre pour ce qu’elle vaut.

Avant existait une morale naturelle qui guidait les êtres humains à travers leurs passions pour contribuer à rendre possible une vie en société. Cette morale était issue de l’ordre naturel. Elle avait vocation à nous rassembler au-delà de nos convictions religieuses. La loi naturelle est la loi non écrite régissant les comportements humains et que résume le décalogue.

Elle a été jugée indigne, par certains rêveurs, d’un homme décrété apte à décider ce qui était bon pour lui. Cet idéalisme n’a réussi qu’à rendre l’homme esclave de ses désirs, dépendant du désir de l’autre et des promoteurs de la morale hygiéniste. Et il assume pourtant toujours seul ses mauvais choix.

Parallèlement, les clercs se sont effacés, adhérents aux idées nouvelles ou priés de ne pas y faire obstacle. La laïcité s’est transformée en machine de guerre contre le bon sens.

La nature ayant horreur du vide, la science médicale s’est retrouvée le seul recours aux carences d’une liberté sans règles et privée du secours de la grâce.

L’être humain a cessé d’être le centre et le but de la médecine, il est devenu un instrument. Chosifiés, instrumentalisés, l’âme et l’esprit se sont avérés encombrants.

Je suis passé d’une santé insolente et d’un avenir prometteur au quotidien du malade incurable qui dépend des autres et n’a plus de certitude.

Sinon d’être encore en vie, mais pour combien de temps?

Entouré d’amour, j’ai pu me battre malgré toutes les petites contrariétés quotidiennes, l’humiliation de ma déchéance, les difficultés à ne pas être infantilisé et maintenu dans l’ignorance de mon état réel, avec le poids des infections sur mon corps déjà si affaibli.

Sans l’humanité du personnel médical, cela serait vite devenu insupportable. Car tout prend vite des proportions énormes que nous subissons sans pouvoir nous défendre. Un problème insignifiant devient vite un fardeau. Eux savent et font, nous, nous devons accepter sans protester. Et encore, j’étais lucide et capable de réagir.

Seul, livré à moi-même, sans un complot d’amour qui m’a quasiment porté et montré le chemin de la vie, réconforté jour après jour, j’aurais vite sombré dans la résignation, le silence, la révolte.

Combien de malades livrés à eux-mêmes, de familles dépassées se sentant coupables de cette souffrance qui s’éternise, de médecins à qui il est demandé l’impossible, quasiment comme un droit?

Gardons-nous bien de juger des intentions, nous ignorons la détresse cachée, les pressions subies, les peurs des uns et des autres.

Pourtant, qui peut prétendre qu’un incurable veut mourir, que sa vie n’a plus aucun sens? Pour moi, elle a vraiment retrouvé son sens, sa saveur, sa finalité à ce moment-là. Quand vous pouvez la perdre, que tout doit se gagner jour après jour sans jamais être acquis, là vous comprenez que ça a de la valeur. Quand les infections reviendront, que les traitements échoueront, il faudra se battre à nouveau.

Je le ferais encore parce que la vie en vaut la peine.
Mais si ceux que vous aimez souffrent devant vous, que les médecins n’osent plus croiser votre regard, il en faut peu pour baisser les bras. J’ai connu cette tentation.

Pourtant en moi gueulait une soif de vivre. Je redécouvrais la saveur de la vie, la joie d’être aimé, ce n’était pas possible que ça s’arrête comme ça!

Le regard des autres ne m’a jamais condamné et je n’ai pas laissé la mort prendre le dessus. Le diagnostic toujours plus inquiétant des médecins, durant trois années, n’est pas parvenu à me décourager.

Plus je m’approchais de la mort et plus je me sentais vivant.

Un ami, malade du sida, est mort en 1995, lourdement atteint mais lucide jusqu’au bout. Lui qui était perdu et le savait rayonnait de joie et de paix parce qu’il se savait accompagné, entouré, aimé comme il était. C’est sa force qui m’a aidé à avancer.
Je crois que le problème est là. Nos contemporains ne s’aiment pas, n’aiment pas la vie comme elle leur est donnée. Ils rêvent d’une santé idéale, quasi-éternelle, d’une vie sans souffrance. Certains médecins croyant tout maîtriser et comprendre ne supportent pas ce qu’ils pensent être leur échec. En réalité, ils sont totalement ignorants de ce qui se passe dans une âme, dans la conscience d’un malade, là ou se joue le combat décisif. Suis-je encore digne de vivre, serais-je toujours aimé comme je suis, ceux qui m’aiment supporteront-il cette épreuve?
C’est cet accompagnement qui nous manque, cette acceptation d’une vie qui n’est pas comme nous voudrions, mais qui vaut toujours la peine d’être vécue comme elle est. Car même au cœur de la souffrance, à l’approche de la mort, de grandes choses se passent. Cela n’apparaîtra jamais au microscope et il n’y aura jamais aucun traitement pour ça. La médecine n’a donc pas compétence à décider si la vie a de la valeur ou non. Ne cachez pas derrière des sentiments généreux et de la compassion, votre propre souffrance qui vous dépasse, une quête de perfection impossible, voire l’orgueil de vouloir tout contrôler. Car le vrai débat sur l’avortement et l’euthanasie est éludé par l’émotion, les slogans idéologiques et un pouvoir médical abusif.

Soignez nous, aidez nous à vivre et à donner la vie sans vous substituer à nous, sans prétendre parler en notre nom. Et laissez-nous libre de vouloir de toutes nos forces continuer, aussi longtemps que possible, à vivre et à aimer.


Dominique Morin

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Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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Publié le 29 Août 2008

Entre dix sept et vingt et un ans, j’ai vécu dans la drogue, la violence politique et le plaisir sexuel sans règles. Bien ancré dans ces pratiques, je me suis retrouvé un jour avec une arme automatique chargée en mains et le projet précis de m’en servir. Que faire devant un tel choix impossible?

J’étais seul, comme un gosse abandonné, j’avais peur et j’étais pauvre comme jamais dans ma vie. J’ai pleuré, implorant intérieurement  » Si quelqu’un est là, qu’il m’aide, je n’en peux plus! » Ce fut certainement ma première prière. Ma mère accepterait sûrement, encore une fois, de m’héberger afin de m’aider à m’éloigner de la pression de ce milieu. Il fallait que je choisisse vite et j’ai penché du bon coté. A ce moment-là, j’ai été aidé par Dieu, à qui j’en rends grâce et ma mère qui a pris le risque de me tendre la main, une fois de plus. C’est vrai que de la part d’une mère ça parait normal.

Il fallait encore fuir radicalement sexe, drogues, alcool, violence car, si j’étais dégoûté de ce milieu, je n’étais pas encore guéri. Je me suis donc tenu éloigné trois ans durant de toutes ces tentations.

Tenté par une quête spirituelle, je suis revenu vers l’église catholique où j’étais baptisé et consacré à la Sainte Vierge. Noël 1984 fut ma première messe, puis pendant deux années j’ai  régulièrement pratiqué. Ce qui m’a apporté une force pour maîtriser mes instincts et un but concret et réaliste en attendant mieux. Deux années de grâce et de pacification de ma nature.

Mais je me croyais quand même trop pécheur, indigne de l’Église. St Jean de la Croix dit qu’ »on obtient de Dieu autant qu’on en espère. » Moi, je ne parvenais pas à imaginer que Son amour pourrait aller jusque-là.

Je pense vraiment qu’on ne parlera jamais trop de la miséricorde de Dieu.

Je suis allé faire une confession générale. J’ai accusé des péchés impardonnables à ce prêtre qui n’a pas réagi comme je m’y attendais. Je le regarde, quasiment certain de sa réaction, et, ô surprise! , je vois apparaître un grand sourire sur ses lèvres qui m’a fait vaciller dans mes certitudes. Profondément touché par ce signe de la miséricorde de Dieu, je suis demeuré dans cette église où, en fait, je me sentais bien.

La guérison s’opérait doucement, je m’ouvrais à la vie comme une fleur aux rayons du soleil en retournant vers la société des gens. J’ai sympathisé avec des catholiques, m’ouvrant ainsi d’autres horizons. De nos rapports sains et constructifs, entre autre avec des femmes, des amitiés ont pu naître qui durent encore aujourd’hui.

Huit années que je cheminais sur cette route, treize ans depuis la fuite du ghetto anarchiste lorsque mon passé s’est rappelé brutalement à moi. Une infection sévère a éveillé un soupçon chez mon médecin qui a décelé un SIDA avancé contracté durant ces années difficiles avec une fille dont j’ai appris le décès depuis. Tout s’écroulait pour moi. Même ma foi vacillait. Comme treize ans auparavant, ma famille, mes amis et surtout la grâce de Dieu m’ont empêché de tomber trop bas. Le réflexe de la prière, réflexe de pauvre, est vite revenu. Prière désordonnée, parsemée d’abattement et de révolte mais, malgré tout fidèle et persévérante. Les années ont passé et d’infections en sursis successifs, en 1996, j’ai pu profiter de traitements grâce auxquels mon état s’est stabilisé et même amélioré.

Après le deuil de ma vie, il fallait réapprendre à vivre comme incurable. C’est dans cette perspective que je commence à témoigner régulièrement dans les écoles, associations ou paroisses qui m’invitent. Un témoignage d’espérance et de vérité basée sur mon expérience.

Comme le SIDA, l’avortement est un drame d’un amour dénaturé qui produit la mort. L’amour ne peut être neutre; il construit ou il détruit.

Notre société ne semble plus apporter que des réponses fatalistes et désespérées, sans possibilité de choix véritable. Quand une mère angoissée va faire diagnostiquer sa grossesse, elle craint d’être poussée à l’avortement si des obstacles surgissent pour garder son enfant. L’avortement devient souvent un palliatif évacuant les carences de notre société et les femmes enceintes se retrouvent seules à les assumer. L’enfant n’est bienvenu que si d’autres sont décidés à aider la mère à l’accueillir et le corps médical peut contribuer à semer le doute: « êtes-vous bien décidée à le garder? » Les mères sont parfois presque considérées comme coupables de grossesse. La morale se réduit alors à un concept purement médical.

J’ai rencontré, au cours de mes témoignages et comme sidéen, de ces militants défendant l’avortement dont le regard se ferme dès que l’on avance une autre solution que l’avortement ou, pour combattre le SIDA, autre chose que le préservatif. J’ai vu chez eux parfois la haine et toujours la tristesse. Quel contraste avec l’épanouissement d’une mère qui donne la vie, d’un jeune qui vit la chasteté avec joie ! L’idéologie n’explique pas tout. Faire payer aux autres nos propres échecs ne résout jamais rien.

Ces rapports destructeurs et cette loi de l’éphémère rendent aléatoire toute relation affective, où l’amour devient un risque dont il faut se prémunir et l’autre l’adversaire d’un combat où tout le monde perd. Si des jeunes ont pu garder leur pureté et croient à l’amour vrai et à la vie comme un cadeau, c’est plutôt pour nous inspirer à la réconciliation. A contrario, c’est même la démonstration que ces vertus tant ridiculisées sont plus que jamais nécessaires.

Seigneur, aidez-nous à toujours être ouverts à la vie, et à être vos instruments pour convertir nos frères les hommes, que la haine et le désespoir rongent et détruisent. Qu’ils se souviennent qu’ils ont été des enfants, qu’ils ont cru un jour à la vie et à l’amour. C’est même d’aimer qui donne un sens à la vie.

Même si je me suis brûlé les ailes à ce jeu truqué où tout le monde perd, je crois toujours à l’amour et à l’amitié humaine. Pas dans cette guerre sexuelle où chacun a peur d’aimer, de s’attacher et de croire à un projet commun.

Amour désincarné et solitaire où l’autre que nous aimons est dangereux pour nous.

Cet amour m’a mené au SIDA comme il mène nombre de femmes vers l’avortement dans une sorte de fatalité. Nous ne pourrons sortir de cette logique infernale qu’en brisant, chacun dans sa propre existence, le cercle de la fatalité par le complot de l’amour. Vaincre la torpeur ambiante et cette peur de nous donner, même dans une amitié, sans pouvoir nous reprendre. Peur de participer à la création dont Dieu nous fait le cadeau.

L’amour n’est pas condamné à rimer avec peur et mort tant que nous ne nous y résignerons pas.

Et ces enfants que nous acceptons d’accueillir, parfois dans la douleur et le doute, ce sont eux nos gardiens. Ils nous gardent contre nous-même, contre ce risque toujours présent de voir nos cœurs s’endurcir, de devenir notre seule fin et ne plus savoir aimer.

Notre créateur nous l’a prouvé en s’incarnant par une femme, Marie. A Bethléem il y a 2OOO ans, il n’y avait pas de place dans l’hôtellerie pour cette mère et son enfant. Il se trouva une étable pour que Marie puisse nous faire don de son amour pour Dieu, de l’amour de son Dieu. Ce fut le plus beau des enfants des hommes, comme l’est pour ses parents, chaque enfant qui naît. Jésus enfant qui allait racheter l’homme dont le cœur s’était endurci et lui rappeler jusqu’a la Croix et la Résurrection, à quel point Dieu l’aime toujours.

Encourageons de toutes nos forces ceux qui rentrent dans la vie à oser s’engager et croire à la fécondité de ce mystère qui nous dépassera toujours. Un cœur éclairé par l’intelligence peut découvrir lui-même ce don d’amour. C’est la source des problèmes de la jeunesse actuelle que de n’avoir plus personne à admirer, à estimer, à aimer et c’est par défaut qu’elle part vers les ersatz d’amour à consommer qu’on lui propose partout.

Seigneur, donnez la grâce à tous d’être ou de redevenir comme les enfants, toujours émerveillés devant l’enchantement de la vie. Donnez-nous à tout un cœur d’enfant simple, plein de foi et d’amour, ouvert à la grande aventure de la vie.

Je fais cette prière pour celles et ceux qui ne demandent qu’à aimer et qu’à être aimé ;

Que notre seule maladie soit l’amour!


Dominique Morin

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Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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Publié le 11 Décembre 2007

Je m'adresse à toi pour avoir gaspillé mon adolescence dans le cannabis. Personne n’a pu m’en dissuader à l’époque. J’en suis sorti difficilement mais cela reste un souvenir douloureux et j’y ai contracté le sida avec une fille, droguée comme moi et morte depuis. Comment faire réfléchir ceux qui se droguent ou sont tentés de le faire? Dans des écoles ou ailleurs, je témoigne devant les jeunes pour éveiller leur esprit critique. Ils sont attentifs et bienveillants, voire reconnaissants. Ils savent tous que je dis vrai, même ceux qui se droguent. Le cannabis ne résout rien, mais empêche le fumeur de bâtir sa vie. Autour de toi, combien se droguent, certains même s’en vantent comme d’une identité ou attendent avec impatience la légalisation ? Comment les accabler, ce sont aussi  des victimes comme toi et moi. Mais crois-tu qu’on puisse vraiment réfléchir sur la drogue dans ces conditions ?

Pourquoi en sortir ?  Parce que consommer sa vie en fumant rend passif, parce que la drogue étouffe nos capacités, parce que notre existence devient virtuelle. On n’est plus capable de prendre ses responsabilités ni de choisir librement. Quelle perte de temps et d’énergie ! Combien de fumeurs dont le cannabis a envahi la vie en sont devenus esclaves ? C’est dur à reconnaître, je sais. En prendre conscience peut faire peur, dégoûter de soi, mais aussi faire réagir, c’est ce que j’espère. Pour réussir un projet, scolaire, personnel ou autre, il faudra choisir entre la drogue ou la liberté, il va falloir agir ! Et pour agir, il faut être lucide. La drogue rend pénible l’effort, démotive, et favorise la dépression. Ne la laisse pas choisir à ta place. J’ai choisi un jour d’arrêter la drogue pour reprendre le contrôle de mon destin. Depuis, je n’ai plus peur de vivre et je suis libre.

Sans le cannabis, on peut faire des choix en toute liberté, aller vers les autres. Tu as besoin d’eux, eux de toi, pour construire ton avenir. Tes copains de fumette ne pourront rien pour toi dans ces moments-là. Ils ont tellement de mal avec leur propre vie ! Comment aimer les autres et s’aimer quand on ne se supporte que défoncé ? La vérité du drogué, c'est la fuite et une grande solitude. La vie s’éloigne, devient angoissante, alors on l’oublie avec des produits. Quel gâchis de tant de jeunes vies pleines de promesses !

Tu ne cherchais pas cela, n'est-ce pas ? Mais que trouver dans le plaisir facile ? La fuite des difficultés ? Le bonheur reste fragile et repose sur des efforts sur soi à chaque instant. Une vie digne de ce nom, se fonde sur l’amour qui lui donne un sens et la vérité qui éclaire nos choix, certainement pas dans la fuite. Pourtant, je ne te juge pas. Nous avons été trompés par cette belle illusion. Tu reprendras confiance en toi dans ce combat pour la vie. Pour retrouver ta dignité où liberté rimera avec responsabilité, abandonne cette angoisse de vivre caché derrière ton pétard.

En donnant le meilleur de soi, on court un risque. Mais donne-toi une chance de découvrir la vraie vie. Si tu refuses cette réalité, tu cours vers un suicide spirituel et humain. Renonce à ce qui t’enchaîne ; je ne te promets rien, mais ouvre les yeux et tu découvriras la beauté de la vie et ta valeur personnelle. Malgré les difficultés, la joie de donner et recevoir des autres. Cette joie et cette paix, aucune illusion n’a pu les apporter à personne. N'aie plus peur, lève ton regard et va vers l'avenir. Apprends à voir les gens autour de toi comme des partenaires et non plus comme des agresseurs ou des ennemis.

Plus personne ne vient parler du Ciel aux jeunes alors le paradis sur terre tardant à paraître à l'horizon, ils fuient vers les paradis artificiels. Je ne t'accable pas, car tu voulais une nourriture pour ton âme mais on ne t'a donné que des pierres. Certes, en donnant le meilleur de toi-même tu risques d'y laisser des plumes, mais la vraie vie est un risque à courir. Ceux qui refusent cette évidence fuient dans un suicide spirituel et humain. Je ne te promets rien, mais quand tes yeux s'ouvriront à la vie, tu découvriras, la beauté qui nous entoure, malgré les difficultés de l'existence et la joie qu'il y a à se donner. Cette paix du cœur que les illusions, du monde moderne n'ont jamais pu apporter à quiconque. Ne recules pas vers ce qui n'a jamais été mais monte vers ce qui demeure. N'aie plus peur de la vie, lève ton regard vers l'avenir et considère les autres comme tes amis et non plus comme des agresseurs et des ennemis. Sous la lumière de Dieu qui t'a toujours aimé depuis qu'Il t'a crée unique, irremplaçable, appelé à vivre dans l'éternité et qui attendra le temps qu'il faudra pour que tu sortes de ta révolte. Il te veut libre, le regard clair, capable d’aimer en vérité la vie et les gens, d’aimer Dieu à ton tour.

Dominique Morin



Lien vers une interview de Dominique MORIN

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Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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Publié le 11 Décembre 2007

Cher jeune,

Je voudrais m’adresser à toi sur ce sujet si délicat qui renvoie chacun à sa fragilité. Beaucoup de garçons en parlent grossièrement pour se défouler ou choquer, mais aucun ne se vante de ses conséquences intimes si pénibles. J’ai moi-même découvert ma sexualité dans une grande ignorance, autant gêné que perturbé par la puissance de ces instincts naissants. Le discours qu’on me tenait à l’école ne m’apportait aucune réponse, me fournissant juste des techniques pour gérer et subir ma sexualité. Ils appelaient ça la liberté sexuelle. Influencé par mes copains, je suis allé chercher ailleurs et j’ai laissé mon regard, mon cœur et mon corps se polluer par la pornographie. N’ayant jamais appris à ordonner cette sexualité, je ne pensais qu’à coucher avec des filles. Au début, c’était super, mais au bout du compte c’était toujours un échec. Le plaisir qu’apporte le défoulement s’oublie mais l’échec de l’attachement affectif demeure comme le sentiment d’être passé à côté de l’essentiel. Pour mon malheur, j’ai vite pris goût à réduire l’amour à du sexe, avec un regard sale, incapable d’aimer la personne avec qui je partageais une si grande intimité malgré parfois des sentiments réels.

Devenir cynique et jouer avec les sentiments de l’autre, mentir et utiliser l’autre comme un objet a été mon seul idéal d’adolescent et à vingt ans, je ne croyais plus en rien. J’y ai aussi contracté le sida avec une pauvre fille qui en est morte depuis. C’est finalement assez logique.

Les défenseurs du prétendu amour libre, derrière leurs beaux discours, plutôt que de dénoncer ce sort fait à l’amour, ont en réalité renoncé à aimer pour se résigner à se consumer en se consommant. Ils défendent cela comme un progrès, mais si vous aspirez encore à aimer en vérité, ne croyez pas leurs discours qui réduisent l’amour à la solitude, à la peur, voire à la mort.

Adolescent, je n’avais pas à ma disposition tout le progrès technique actuel, Internet, dvd, qui envahissent votre intimité de tentations innombrables. Quand j’aborde le sujet devant des jeunes en témoignant dans les écoles, beaucoup baissent les yeux. La liberté d’y échapper n’existe plus pour eux. Les spots publicitaires, les affiches, n’importe quel film, jusqu’aux modes féminines, la suggestion est permanente. Et le soir, ils se retrouvent seuls à un clic de souris entre la proposition et leur faiblesse. Comment pourraient-ils lutter ?

Le vrai problème nié par les esprits forts, c’est qu’ils n’ont pas reçu de véritable éducation à la maîtrise de leur sexualité leur permettant de l’ordonner vers une aspiration à un Amour vrai tourné en dérision par des théories sexuelles qui réduisent l’homme à ses instincts.

Ne vois-tu pas que la pornographie est un poison violent qui a commencé à se diffuser par l’érotisme apparemment plus anodin mais qui appelait déjà à convoiter l’autre comme un objet. L’amour vrai est sacrifice pour l’autre qui rend possible la joie du don comme le moine qui renonce à l’amour d’une personne pour se donner à Dieu. Aujourd’hui notre environnement est infesté de stimulations qui éveillent l’imagination sexuelle et déchaînent des pulsions chez des hommes mais aussi dans une moindre mesure chez des femmes. Sommes-nous encore libres d’aimer face à ce torrent ?
Non, la pornographie n’est en rien anodine, elle n’apprend rien, elle ne détourne pas les pulsions. Elle est profondément destructrice, insidieusement et s’inscrit dans ta mémoire. A la différence d’un disque dur, tu ne peux pas la nettoyer et des flashs reviendront quand tu regarderas une fille, quand une conversation éveillera en toi un souvenir, quand tu seras avec une amie et que ta mémoire t’échappera et ton imagination s’enflammera. Quel gâchis !
Cela vaut-il la peine de risquer de ruiner des relations qui peuvent être chastes et respectables, de ne voir les filles que comme des objets, aidé malheureusement en cela par certaines tenues et modes actuelles ?

Crois-tu pouvoir y échapper si tu laisses ta vue, puis ton esprit et ton corps se souiller par ce spectacle dégradant ou les personnes sont réduites à la bestialité des instincts de l’autre ?

Alors, ne te voile pas la face, il faut réagir pour ne pas tomber dans ce piège qui dévalorise des milliers de malheureux en les enfermant dans une dépendance.

Refuse le mensonge de la pornographie sous toutes ses formes. L’amour est liberté authentique et joie alors que la bestialité dégrade les personnes. L’explosion actuelle des agressions sexuelles et de l’instabilité de si nombreux couples n’est pas sans lien avec ces pulsions déchaînées et cette chosification des personnes.

L’être humain est nié dans sa dignité d’enfant de Dieu, comme aussi la différence homme et femme appelés à unir leurs capacités pour construire ensemble et donner la vie. Différence qui permet de s’offrir et de s’unir pour s’accomplir ensemble et qui est méprisée pour une tyrannique loi des désirs et des pulsions.

Comment être respecté et admiré quand on devient dépendant du désir de l’autre, de ses pulsions désordonnées voire perverses ?

Comment donner le meilleur de soi et mériter la confiance quand on est débordé par une nature sexuelle livrée à elle-même ?

La pornographie est un crime contre chacun d’entre nous et les promoteurs de ce mensonge qui en vivent grassement sont des criminels. Allons-nous nous taire parce que nous sommes un moment tombé dans leur piège, que la tentation nous guette encore ?

La grâce de Dieu n’abolit pas la nature et nous ne sommes pas responsables de ce que nous subissons. Sans notre dignité que la miséricorde de Dieu nous rend si nous l’avons perdu, serions-nous encore des êtres humains ? Pouvons-nous subir seuls cette souffrance, fréquenter sans risque ceux qui s’y sont résignés voire appeler ce mal un bien ?

Bien sûr que non, alors plutôt que de subir, battons-nous sans relâche. Par des choix quotidiens, qui sont plus difficiles que des grandes décisions parce qu’à recommencer sans cesse, éviter Internet aux moments dangereux, refuser de regarder des films et des sites malsains, cesser de fréquenter des copains qui nous y ramèneraient. Certains choix rendent libres, d’autres esclaves.

Deux visions de l’amour s’opposent radicalement. L’une qui envisage l’amour comme un don réciproque total dans la confiance et ouvert à la vie. Elle suppose la foi dans l’amour et se donne les moyens nécessaires à cette fin. L’autre refuse le don de la vie, conditionne le don aux désirs de chacun et rend la confiance impossible. Le sexe défoulement a supplanté une sexualité ordonnée à une stabilité affective, ce dont j’ai souffert comme tant d’autres jeunes qui subissent les conséquences de cet anti-amour égoïste et désespéré. La pornographie est la conclusion inévitable d’un amour qui n’est plus appelé au dépassement de soi et à la fécondité.
Dieu nous a créés non pas pour nous empêcher d’être libre et heureux mais au contraire pour permettre à notre liberté de rendre possible notre bonheur. Tous les commandements de l’Eglise vont dans ce sens, ils ne sont pas contre mais pour un plus grand bien.

Toi qui aspires, secrètement peut-être, à un grand amour qui dure, relève ce défi. Considère ces tentations, ces suggestions et tous ce qui va dans ce sens comme des souillures qui t’empêcheront de pouvoir vous donner et vous recevoir dans la véritable joie avec celle que tu aimeras. Personne ne mérite cette dégradation de soi, de l’autre, de l’amour.
Je pleure ma pureté perdue pour un peu de plaisir. Si je pouvais rendre tout ce plaisir pour ma virginité, je n’hésiterais pas un instant. Mais il faut assumer mes actes  et je ne peux que regretter les quelques minutes dérisoires de plaisir auquel m’avait condamné tout le poison dont je m’étais nourri auparavant. Seule la chasteté m’a rendu capable d’être libre parce que maître de mes instincts pour aimer en vérité. Ne fais pas cette erreur et refuse de salir ton regard, ton cœur et ton corps. Deviens authentiquement libre par tes choix d’aimer en vérité.
Tu as été créé pour de grandes choses pas pour la médiocrité ni la tristesse de ceux qui ne savent plus aimer. Demeure ou redeviens capable de te respecter pour respecter celle que tu aimeras. Demande à Dieu son aide et ne te décourage jamais. Je prie pour toi. 

Dominique Morin

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Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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Publié le 11 Décembre 2007

Adolescent, j’ai joué à l’amour avec des filles sans en respecter aucune. Jouisseur égoïste, j’ai vite cessé de croire en l’amour. M’étant enfin converti, j’ai retrouvé la foi dans l’amour à travers de véritables amitiés avec des femmes catholiques grâce à la chasteté. Souhaitant épouser une amie que j’aime toujours quand j’ai découvert que j’avais contracté le sida dans ces années de débauche, j’ai choisi raisonnablement de renoncer au mariage.

Quand j’entends parler de prévention, je vois forcément plus loin que le sida. Jouant sans respect avec l’amour, j’y ai perdu les capacités nécessaires pour construire ma vie avec la personne que j’aime. À qui souhaiter ce malheur, sans parler du sida ?  Le vagabondage sexuel et les pratiques contre-nature propagent le sida, le préservatif n’incite qu’à en limiter les risques. Est-ce une prévention sérieuse ou une résignation à subir ses pratiques désordonnées ?

Au lieu de réduire l’amour à un jeu dangereux, fondez plutôt vos relations entre garçons et filles sur de solides amitiés. L’avenir, c’est déjà demain ! Piégés dans des relations décevantes qui ne tiennent pas leurs promesses, d’un partenaire à l’autre, vous blessez durablement vos cœurs et vos corps. L’illusion mortelle de l’amour libre mène au sida et à l’avortement, tragédies et préservatif n’y pouvant pas grand chose.

Ce que l’Eglise vous propose, c’est de rendre à l’amour sa promesse de joie et de paix en l’ouvrant à la vie par l’exigence de la vérité et de la justice. À cause du sida, je ne peux plus me donner totalement à la femme que j’aime sans lui faire courir un risque. La seule vérité du sida, après le mensonge et la peur, c’est la solitude au bout du chemin. Confondre la recherche de plaisir dangereux avec l’amour révèle la confusion et le fatalisme d’une société qui ignore ou refuse la fécondité du véritable amour et ne peut que vous inviter à subir votre sexualité.

La chasteté, maîtrise joyeuse et apaisée de sa sexualité, rend capable de ne pas la subir ni la faire subir à d’autres. La véritable liberté est un chemin ou amour ne rime pas avec

peur et déception solitaire mais avec confiance et joie partagée. 
Pas besoin d’être catholique pour comprendre qu’un amour rimant avec méfiance et peur, avec ou sans préservatif, est profondément malsain. Si vous voulez du plaisir à tout prix, prenez vos risques, vos pauvres précautions et bonne chance ! Mais n’attendez pas de moi que je vous encourage dans cette médiocre dérision de l’amour. Vous méritez mieux que ça ! L’amour ne vous apportera que paix et joie si vous le respectez. Vous, adolescents à qui l’on ment, avez le droit de savoir cette vérité avant de pouvoir choisir librement votre voie.

Quand je sautais en parachute sportif, si j’avais été averti que la voile que j’allais utiliser était abîmée mais que le risque était faible qu’elle se déchire en vol, que choisir ? Le plaisir du saut très agréable d’un côté et le risque minime de l’autre, j’aurais quand même préféré rester à terre. Seul l’esclave ou l’insensé risquent leur vie pour un plaisir. Ou l’ignorant à qui l’on a caché que le risque d’échec du préservatif existe à chaque fois. De nombreux témoignages d’échec par des personnes concernées me l’ont démontré ! 

Finalement qui sont les inconscients ? Ceux qui vous laissent prendre des risques en vous préparant l’enfer ou ceux qui vous invitent à réfléchir à l’amour et à ne pas le réduire à un risque ? Plutôt que de cacher ou déformer le discours catholique, n’avez-vous pas le droit de savoir toute la vérité avant de prendre des risques que vous aurez toujours à assumer seul ?
L’Eglise a toujours un discours raisonnable et réaliste, refusant de s’adapter à des mœurs d’un amour dévoyé, contraception tyranniques ou aux désirs égoïstes de jeunes. Elle rappelle à tous, à temps et à contretemps qu’on ne peut se moquer de l’amour sans risque mortel pour notre corps, notre cœur et notre âme. Elle voit le bien des âmes avant la satisfaction des désirs. Cette exigence est une promesse qui vous donnera les moyens d’accéder au véritable bonheur.

Choisissez toujours la liberté d’aimer dans la confiance et la vérité qui va vers la vie plutôt que la recherche de plaisir à tout prix qui mène au mensonge et à la mort.

Dominique Morin

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Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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Publié le 11 Décembre 2007

Je m’adresse à toi, jeune homme, qui a découvert ta sexualité génitale avec le trouble et les questions que cela peut susciter en toi. A priori, pas de quoi en faire une histoire. Mais tu as dû constater comme moi que notre monde confond amour et sexe et qu’il veut que ça se sache. Alors la délicate croissance de l’adolescence vers la maturité peut devenir un parcours du combattant.

De quoi s’agit-il en réalité ?
Des pulsions nouvelles se font envahissantes, des images apparaissent dans ton esprit, ton regard sur les filles change peu à peu. Rien de plus normal et sain que cette attirance. Mais la nature humaine est fragile et compliquée et les écueils ne manquent pas pour perturber cette rencontre.

La fille est sentimentale voire sensuelle alors que le garçon est plus sexuel. D’où des risques de tentations que ne feront qu’accroître ta propre fragilité et certaines sollicitations. Cela ira de la pornographie à des discours sur le sexe sans délicatesse ni respect en passant par les tenues de nombre de jeunes filles qui n’imaginent pas ce que peuvent provoquer chez un garçon certaines formes ou parties de leur corps offertes à sa vue. Cette ambiance malsaine n’est pas anodine et laisse rarement intact celui qui découvre la vie et son corps à travers une puissance qu’il doit contenir pour pouvoir espérer en faire un usage qui soit porteur de sens et fécond.

Le défoulement sexuel auquel sont incités les ados sous prétexte de modernité et de nature qu’il ne faudrait pas entraver ne peut pas rendre heureux mais très sûrement perturber ton corps et ton esprit et t’enchaîner durablement à l’impureté. Il est facile d’imaginer alors ton handicap quand tu seras attiré par une fille, que tu te sentiras bien avec elle et que des pulsions qui n’auront pas été maîtrisées viendront aveugler ta raison et briser qui sait ? une amitié naissante. Ce qui paraît n’être qu’un défoulement sans conséquence peut te dévaloriser à tes yeux et réduire la fille pour toi à une recherche de plaisir.

L’image de l’adolescent semble le réduire à ses pulsions et ses désirs sexuels comme s’il n’était pas capable d’autre chose, qu’il ne désirait que ça, ne pensait qu’à ça. Dans cette ambiance apprendre à comprendre et devenir maître de sa nature est ridiculisé, voire rendu impossible. Le poison de la pornographie avec le progrès d’Internet agresse beaucoup d’adolescents dans l’intimité. Combien d’entre eux vivent la souffrance d’un défoulement sexuel devenu incontrôlable ? Le silence honteux ou gêné sur ces sujets douloureux n’aide pas à permettre aux jeunes de discerner et dédramatiser ce qu’ils vivent intimement. Notre société ne vous propose que des techniques chimiques ou mécaniques au lieu de vous aider à assumer votre responsabilité à l’égard de votre sexualité.

La sexualité n’est pas une fatalité, mais personne ne vous l’a appris. Ces adultes qui réduisent l’amour au sexe sont bien mal placés pour vous montrer le chemin de l’amour vrai. 
Tous ceux qui ne vivent pas de relation personnelle avec un Dieu d’amour par les sacrements finissent par s’enfermer dans cette fragilité et s’y résigner. Je me révolte contre la violence faite à tous ces jeunes qu’au nom d’une liberté illusoire, on enchaîne à une dérision d’amour. Comment construiront-ils demain une relation féconde de confiance et de respect si personne ne leur en montre le chemin dès aujourd’hui ? 
J’ai moi-même subi une jeunesse de défoulement sexuel fondé sur la seule recherche de plaisir égoïste. Personne ne m’avait dit qu’aimer c’était autre chose que ça et j’ai très vite pris des habitudes de vice et de solitude affective. J’y ai aussi contracté le sida. Si je pouvais rendre tout le plaisir que j’y ai pris pour ma virginité et ma foi dans l’amour, pas d’hésitation. Mais il faut assumer nos actes et là les promoteurs de la débauche n’assumeront jamais à notre place, les lâches ! Donc c’est à moi d’assumer ma maladie! A toi de t’assumer ! Le seul moyen, c’est d’en sortir et de guérir son cœur et son corps.

Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis d’en sortir et je remercie des femmes qui vivaient leur foi catholique qui m’ont appris à me pacifier, à donner le meilleur de moi-même par des relations saines et franches, des amitiés sans ombre ni ambiguïtés, une vraie beauté féminine qui aidaient les garçons à grandir.

L’Eglise a toujours défendu la vérité du message de l’amour qui vient de Dieu qui nous a créés. Il s’appelle vérité, confiance et don total de soi sans lesquels il ne peut y avoir d’amour qui est appelé à s’ouvrir à la vie car nous sommes amenés à transmettre cette vie que nous avons reçue grâce à l’amour humain, qui doit être à l’image de l’amour divin.

Pour que tes capacités d’aimer ne soient pas enfermées dans des peurs, n’accepte pas de devenir un tricheur. Pour que tu te respectes en méritant la confiance qu’une femme peut t’accorder, ne te dégrade pas par l’impureté.

Pour que tu gardes la foi sur ce qui donne de la saveur et de la fécondité à la vie, mène ce combat avec joie car c’est une belle aventure que la liberté de pouvoir aimer en vérité.
La chasteté est une liberté joyeuse, j’en témoigne, qui peut te permettre dès aujourd’hui de connaître les joies de l’amitié féminine avant d’être libre et confiant pour quand l’amour viendra. Prépares-lui ton cœur et ton corps.
   

Dominique Morin

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Rédigé par François

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