Lettre à un adolescent sur la pureté

Publié le 11 Décembre 2007

Je m’adresse à toi, jeune homme, qui a découvert ta sexualité génitale avec le trouble et les questions que cela peut susciter en toi. A priori, pas de quoi en faire une histoire. Mais tu as dû constater comme moi que notre monde confond amour et sexe et qu’il veut que ça se sache. Alors la délicate croissance de l’adolescence vers la maturité peut devenir un parcours du combattant.

De quoi s’agit-il en réalité ?
Des pulsions nouvelles se font envahissantes, des images apparaissent dans ton esprit, ton regard sur les filles change peu à peu. Rien de plus normal et sain que cette attirance. Mais la nature humaine est fragile et compliquée et les écueils ne manquent pas pour perturber cette rencontre.

La fille est sentimentale voire sensuelle alors que le garçon est plus sexuel. D’où des risques de tentations que ne feront qu’accroître ta propre fragilité et certaines sollicitations. Cela ira de la pornographie à des discours sur le sexe sans délicatesse ni respect en passant par les tenues de nombre de jeunes filles qui n’imaginent pas ce que peuvent provoquer chez un garçon certaines formes ou parties de leur corps offertes à sa vue. Cette ambiance malsaine n’est pas anodine et laisse rarement intact celui qui découvre la vie et son corps à travers une puissance qu’il doit contenir pour pouvoir espérer en faire un usage qui soit porteur de sens et fécond.

Le défoulement sexuel auquel sont incités les ados sous prétexte de modernité et de nature qu’il ne faudrait pas entraver ne peut pas rendre heureux mais très sûrement perturber ton corps et ton esprit et t’enchaîner durablement à l’impureté. Il est facile d’imaginer alors ton handicap quand tu seras attiré par une fille, que tu te sentiras bien avec elle et que des pulsions qui n’auront pas été maîtrisées viendront aveugler ta raison et briser qui sait ? une amitié naissante. Ce qui paraît n’être qu’un défoulement sans conséquence peut te dévaloriser à tes yeux et réduire la fille pour toi à une recherche de plaisir.

L’image de l’adolescent semble le réduire à ses pulsions et ses désirs sexuels comme s’il n’était pas capable d’autre chose, qu’il ne désirait que ça, ne pensait qu’à ça. Dans cette ambiance apprendre à comprendre et devenir maître de sa nature est ridiculisé, voire rendu impossible. Le poison de la pornographie avec le progrès d’Internet agresse beaucoup d’adolescents dans l’intimité. Combien d’entre eux vivent la souffrance d’un défoulement sexuel devenu incontrôlable ? Le silence honteux ou gêné sur ces sujets douloureux n’aide pas à permettre aux jeunes de discerner et dédramatiser ce qu’ils vivent intimement. Notre société ne vous propose que des techniques chimiques ou mécaniques au lieu de vous aider à assumer votre responsabilité à l’égard de votre sexualité.

La sexualité n’est pas une fatalité, mais personne ne vous l’a appris. Ces adultes qui réduisent l’amour au sexe sont bien mal placés pour vous montrer le chemin de l’amour vrai. 
Tous ceux qui ne vivent pas de relation personnelle avec un Dieu d’amour par les sacrements finissent par s’enfermer dans cette fragilité et s’y résigner. Je me révolte contre la violence faite à tous ces jeunes qu’au nom d’une liberté illusoire, on enchaîne à une dérision d’amour. Comment construiront-ils demain une relation féconde de confiance et de respect si personne ne leur en montre le chemin dès aujourd’hui ? 
J’ai moi-même subi une jeunesse de défoulement sexuel fondé sur la seule recherche de plaisir égoïste. Personne ne m’avait dit qu’aimer c’était autre chose que ça et j’ai très vite pris des habitudes de vice et de solitude affective. J’y ai aussi contracté le sida. Si je pouvais rendre tout le plaisir que j’y ai pris pour ma virginité et ma foi dans l’amour, pas d’hésitation. Mais il faut assumer nos actes et là les promoteurs de la débauche n’assumeront jamais à notre place, les lâches ! Donc c’est à moi d’assumer ma maladie! A toi de t’assumer ! Le seul moyen, c’est d’en sortir et de guérir son cœur et son corps.

Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis d’en sortir et je remercie des femmes qui vivaient leur foi catholique qui m’ont appris à me pacifier, à donner le meilleur de moi-même par des relations saines et franches, des amitiés sans ombre ni ambiguïtés, une vraie beauté féminine qui aidaient les garçons à grandir.

L’Eglise a toujours défendu la vérité du message de l’amour qui vient de Dieu qui nous a créés. Il s’appelle vérité, confiance et don total de soi sans lesquels il ne peut y avoir d’amour qui est appelé à s’ouvrir à la vie car nous sommes amenés à transmettre cette vie que nous avons reçue grâce à l’amour humain, qui doit être à l’image de l’amour divin.

Pour que tes capacités d’aimer ne soient pas enfermées dans des peurs, n’accepte pas de devenir un tricheur. Pour que tu te respectes en méritant la confiance qu’une femme peut t’accorder, ne te dégrade pas par l’impureté.

Pour que tu gardes la foi sur ce qui donne de la saveur et de la fécondité à la vie, mène ce combat avec joie car c’est une belle aventure que la liberté de pouvoir aimer en vérité.
La chasteté est une liberté joyeuse, j’en témoigne, qui peut te permettre dès aujourd’hui de connaître les joies de l’amitié féminine avant d’être libre et confiant pour quand l’amour viendra. Prépares-lui ton cœur et ton corps.
   

Dominique Morin

Rédigé par François

Publié dans #Lettres et entretiens : Dominique Morin

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